Je vous salue Marie! (Bermudes 2019)
13 août
La première belle journée du voyage, youpi! On s’est gardé
le farniente pour la fin, vu le peu de considération de Dame Nature.
Direction : la plage!
On repousse nos limites et on se rend loin, loin, loin, à
l’extrémité est de l’île, à… 20 minutes de bus. Nous descendons à St George’s,
la toute première ville du pays, fondée en 1612, patrimoine mondial de l’UNESCO.
C’est près de là que le Sea Venture aurait fait naufrage, commençant ainsi à
peupler les Bermudes.
Camil, qui n’a pas pris ses Gravol (ou les a pris trop tard
pour qu’ils fassent effet), n’apprécie pas du tout son trajet de routes
sinueuses dans la chaleur et l’humidité tropicale de la journée. Il sort du bus
en lirant et on fait un arrêt obligatoire à l’ombre, entre les toilettes
publiques et l’hôtel de ville. Je crois que ça nous réconcilie avec la météo
pluvieuse des cinq derniers jours.
On poursuit finalement notre balade à pied vers Tobacco Bay,
avec un arrêt en chemin pour admirer l’église inachevée de la ville. La
construction de l’édifice a commencé en 1874, pour remplacer l’église St
Peter’s, devenue trop petite. Mais une division au sein de la congrégation a
amené une partie des croyants à se construire une autre église dans le village.
Puis, en 1884, l’église de Hamilton a brûlé. Résultat : les sous alloués
pour finir St Peter’s sont plutôt allés là-bas. Les travaux ont repris
éventuellement et l’église était sur le point d’être complété en 1899. Mais
finalement, la congrégation a abandonné le projet, préférant plutôt rénover
l’ancienne église St Peter’s (contente de voir qu’il n’y a pas que moi qui ait
de la difficulté avec les décisions dans la vie…). La nouvelle wannabe église
St Peter’s a par la suite été lourdement endommagée par un ouragan en 1926,
puis simplement abandonnée. Maintenant, elle n’est plus qu’une structure et une
curieuse anecdote. Dieu était pas dû, faut croire.
Et après une bonne marche (mais moins longue que celle de
notre première journée), on arrive à Tobacco Bay, une magnifique et intime
plage d’eau turquoise! En fait, c’est presque un lac, car des rochers ferment
presque entièrement la baie. Aucune vague, ni Ben ni Bourral, n’atteint le
rivage, ici. L’eau est également très claire et peu profonde sur plusieurs
mètres. Il n’y a rien à gérer, c’est très relaxant! On en profite donc pour
observer des poissons jaunes et rayés aux noms exotiques : le sergent
major et le fameux « Pudding wife »! On a passé la journée là-bas,
une vraie journée de vacances relaxante, youpi!
Sur le chemin du retour, on s’embarque dans une mission qui
s’avère plus complexe que prévue. Oubliez l’aiguille dans la botte de
foin : cherchez plutôt à acheter un plat en plastique pour transporter
votre salade de poulet à l’aéroport! On a commencé par l’épicerie, le plus
logique, mais la caissière a refusé de nous vendre des barquettes sans
nourriture dedans. Bon. On poursuit dans une pharmacie qui, visiblement, fait
aussi office de papeterie, mais sans succès. On aboutit finalement dans un
magasin plutôt dégarni, avec pas de déco, une entreprise familiale qui vend du
papier de toilette, des produits nettoyage, des débarbouillettes… Les items reposent
humblement sur des étagères en métal installées en plein milieu de la grande
pièce aux murs blancs. Des enfants mulâtres aux yeux verts nous accueillent sur
le seuil de la porte. On dirait la Chine, mais avec plus d’espace! On déniche
finalement un bac de rangement avec couvercle à pinces, de format décent, soit
à peu près la moitié du sac à dos d’Ariel… L’affaire est ketchup, mais ce
n’était pas de la tarte, comme commission (une chance, car une tarte au
ketchup, je suis pas sûre…)! Pas facile de magasiner dans un petit village!
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