Les conclusions (Bermudes 2019)


14 août

On a donc fait nos adieux à Marie et sa tribu en prenant bien soin d’inspecter tous nos sacs, tout d’un coup qu’elle aurait voulu connaître le goût de la graisse de bacon du Québec. Je dis ça, car j’en ai conclu que les coquerelles s’en nourrissaient, à en juger par la petite casserole couverte de gras de bacon sur laquelle j’ai mis la main, dans notre armoire (l’une de nos deux seules casseroles pour cuisiner…). C’est vrai qu’il est bon, notre bacon!

On a repris le bus pour une dernière fois (même si, en théorie, les gros bagages ne sont pas acceptés à bord) et on a trimballé notre bac de salade de poulet jusqu’à l’aéroport. On a mangé notre lunch avant de passer les douanes, en regardant la télé. C’est là qu’Ariel a vu qu’il neigeait en Australie! Un douanier zélé nous a confisqué nos ice pack, qu’on avait oublié de remettre dans nos valises. Je me suis surprise à regretter tous ces moments où on a fait passer du liquide aux douanes lors de nos voyages, avec l’excuse incontestable de « it’s for the baby »… sauf le fameux 7up de Gabriel, pour lequel on a pas eu le cran de sortir l’excuse… Conclusion de l’histoire : si vous voulez passer la douane avec vos ice packs, dites que c’est pour des fins médicales et ça devrait le faire.

Les vols ont très bien été, les deux enfants rivés chacun sur leur écran. Bon, l’avion a décollé en retard et notre correspondance à Toronto est assez serrée, mais on devrait y arriver. Ouais. Surprise! En sortant de notre avion, on apprend qu’il faut passer les douanes canadiennes, récupérer nos bagages et les réenregistrer…. Pendant que je maugréais en me demandant comment ça se fait qu’Expedia nous a laissé acheter ce billet, et comment ça pouvait être aussi mal foutu comme système, et pourquoi personne ne nous avait averti de tout cela avant, ça m’est revenu : 1998, retour de Turquie via l’Allemagne, un beau passeport tout neuf, laissé à la douane de Toronto, en route vers Montréal… Ça doit bien faire 21 ans, donc, que je n’ai pas fait escale à Toronto pour me rendre ailleurs qu’en Europe ou aux États-Unis… Tellement longtemps que même l’Allemagne fait partie de l’Europe, maintenant! Au Canada, on passe les douanes en arrivant à l’aéroport, même si on a une correspondance. En 21 ans, j’avais complètement oublié ce détail légèrement chronophage. Bref, nouvelle conclusion : une heure trente d’esacle pour un vol international arrivant à Toronto, c’est pas assez…

Enfin, la bonne nouvelle, c’est que des vols Toronto-Montréal, y’en a plus que des bus Joliette-Montréal à l’heure de pointe. Les employés d’Air Canada semblaient bien connaître la poutine, ils nous ont donc simplement mis sur un autre vol. Bon. Cette fois-ci, je suis assise à côté d’un homme habitant aux Bermudes depuis 20 ans, qui était dans le même avion que nous jusqu’à Toronto et qui a manqué le même vol que nous. Notre âme sœur d’avion raté nous explique qu’il n’a jamais vu une météo aussi horrible depuis qu’il habite les Bermudes. Bon, j’imagine qu’il faut se compter chanceux d’avoir assisté à ce phénomène rare…

Et alors? La conclusion des conclusions? Être ou ne pas être malade dans les transports, telle est la grande question d’Ariel! Et la grande réponse est… non! Ben non! Pendant que je me concentrais sur ma respiration à chaque tournant du bus et que Camil tentait tant bien que mal de retenir son repas qui voulait voir du pays, Ariel, lui, restait indemne! J’avoue être légèrement jalouse!

En défaisant nos valises, je fais la liste des souvenirs qu’on rapporte : une casquette pour Ariel (on a retrouvé sa casquette Spider Man la dernière journée, loin sous le lit), un aimant de frigo (ben oui Vincent, encore une autre cochonnerie pour traîner sur le frigo!), quelques coquillages glanés, un bac de rangement né pour une vie de Tupperware… mais zéro coquerelle! Ma conclusion : les coquerelles de la bande de Marie, contrairement à Ariel, ont sûrement la cinétose et ont préféré rester chez elles! Fiou!

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