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Affichage des articles du décembre, 2025

Girafe, partie 5 : Macao à Nairobi, de Nairobi à Macao  (Kenya 2025)

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On a passé une nuit correcte dans notre Air BnB excentré, malgré les matelas tout emballés et la horde de chiens qui a jappé du soir au matin. Le logement, qui compte plusieurs chambres et des espaces communs partagés, est magnifique. D’élégantes moulures de bois ornent les murs crème ainsi que le muret de la salle de séjour, découpé en escalier. Une subtile odeur d’humidité flotte dans la place. Avec ce look et ces effluves, ça me rappelle notre appartement dans la tour Calendula, à Macao. Dans la cuisine, la femme de ménage récure le plancher à l’aide d’une guenille, pliée en deux sur son ouvrage. Grosse journée en perspective! Une musique congolaise de rumba, rappelant celle des Caraïbes, enveloppe cette scène matinale.   C’est dimanche, on se rend au Marché Maasaï, qui se tient aujourd’hui dans le stationnement à étages d’un grand centre commercial chic. On repassera pour l’expérience bucolique… Les vendeurs, qui débutent leur journée, semblent très heureux de nous voir. Certai...

Girafe, partie 4 : La véritable valeur d’un billet de vingt, réflexions autour d’une bière tablette (Kenya 2025)

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Nouveau départ aujourd’hui, le dernier déplacement avant notre retour. On commande la Uber, on charge le coffre de tous nos bagages et… le chauffeur négocie à la hausse, encore une fois! Nous avions demandé un trajet en Uber X et son véhicule est considéré XL, ce qui, selon lui, justifie qu’il exige un plus gros montant. « Mais pourquoi vous avez accepté le trajet, dans ce cas? » que je lui demande. « Pour venir vous parler entre amis pour trouver un meilleur prix! » Non, désolée monsieur, les amis n’agissent pas avec hypocrisie comme ça! Tu n’es pas notre ami, tu veux juste notre argent! Et pas une petite augmentation : le prix passe de 2800 shillings — déjà plus que le coût de notre aller — à 4500! Je fais connaître mon mécontentement, on finit par lui offrir 3200. Il refuse de descendre en bas de 3500. J’enlève tous les bagages du coffre, il part. Vincent, qui a eu du mal à trouver quelqu’un pour nous reconduire, l’arrête avant qu’il franchisse la grille d’e...

Lion, partie 4 : Même océan, Meli différents (Kenya 2025)

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Dernière journée à la plage! J’en profite pour aller faire tresser mes cheveux à l’africaine, un style que je veux essayer depuis l’époque où la bonne ballerine que j’étais ne pouvait se permettre trop d’excentricités capillaires (touche pas à mon chignon!). Je vais donc voir Mama Lolo, qui opère un petit étal à deux pas de la plage. On s’entend pour 2000 shillings, l’équivalent de 20 dollars canadiens, incluant les rallonges (noires…). Sa sœur l’aidera, mais nous en aurons tout de même pour deux heures de travail. Je pourrai conserver ma coiffure pendant deux ou trois semaines. Je m’attendais à ce que ce soit lourd, mais je constate rapidement qu’en réalité, c’est très léger. Les nattes se tressent, les confidences se tissent. Mama Lolo a trois enfants : un garçon de 7 ans, une fille de 11 ans et un aîné de 13 ans. Son mari est mort il y a un an. Elle vit de la vente de souvenirs, de massages et de tresses. Difficile de se trouver un travail, sans diplôme! Durant la saison des plu...

Lion, partie 3 : Signes des ancêtres et d’aujourd’hui, signes d’ailleurs et d’ici (Kenya 2025)

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Aujourd’hui, on visite une partie de Kaya Kinondo, une forêt sacrée de trente acres, très importante pour la tribu Digo. Par respect pour les ancêtres, nous devons nous vêtir d’un sarong noir — une cape de superhéros pour Zoélie. Nous passons devant la hutte qui abrite les esprits des ancêtres, une structure conique de paille séchée, pour demander la permission d’entrer dans la forêt. Ils transmettront un signe aux aînés de la tribu, annonçant la réalisation d’un vœu ou le moment favorable pour entreprendre un rituel. Seuls les anciens peuvent reconnaître et interpréter les signes. La flore environnante, magnifique et gigantesque, nous enveloppe complètement. D’énormes racines longues d’environ dix mètres serpentent à côté de nous. Les singes vervets slaloment par dizaine entre elles. Nos pieds butent contre de gros cailloux de coraux, car la mer recouvrait jadis l’endroit. Des lianes surdimensionnées relient les arbres. Certaines se transforment en véritable hamac naturel, on s’y allo...

Lion, partie 2 : Rencontre d’une Bourassa et d’un va-nu-pieds (Kenya 2025)

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La plage nous attend, ce matin! Comme annoncé, le sable blanc de la côte s’étend à perte de vue. La mer est calme et peu profonde, parfaite pour la baignade avec Zoélie. Plusieurs amas de plantes brunâtres flottent un peu partout, cependant. On essaie tant bien que mal de trouver un petit coin dégagé dans le dédale d’algues (lisez-le à haute voix, ça sonne rigolo!). Sur le chemin du retour, on croise Rama, un maigrichon va-nu-pieds — au sens propre. Il nous suit tout le long du trajet de retour vers l’hôtel, nous parle de sa vie. Ses trois enfants aussi ont besoin de souliers, leurs orteils sont couverts de coupures à force de marcher sur les roches et les coraux. Je pense à la quantité innommable de souliers que je possède et j’en suis gênée. Rama et sa marmaille dorment tous ensemble dans leur petite maison, sans matelas. Il est très pauvre, son seul revenu provenant de la vente de noix de coco et de bracelets, son « talent spécial ». Il nous montre ce qu’il fabrique, des bi...

Lion, partie 1 : Amendes, escortes et mensonges (Kenya 2025)

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Déménagement en perspective, on se lève tôt! On a beau avoir prévu un paquetage bien organisé avec nos multiples trousses thématiques et nos sacs de compression, ça nous prend toujours un certain temps pour décoller. En plus, ici, on a sorti plusieurs vêtements pour les laver (à la main, car il n’y a jamais de laveuse, même dans ces complexes haut de gamme) et on a éventré tous nos bagages du salon pour cause de petites fourmis envahissantes (la moindre miette de pain les attirait). La longue attente pour notre souper la veille a aussi déstabilisé nos plans. Parlant de cette petite mésaventure, je croise Lucas, le serveur du resto, alors que je me rends au petit module de jeu avec Zoélie. Il s’informe de notre appréciation du repas, je lui confie qu’on a adoré la nourriture et qu’on aimerait bien récidiver ce midi. Il est 9h30 et je passe tout de suite ma commande. Je m’assure que le tout sera livré pour 11h30 au plus tard, car nous devons quitter le logement, et qu’il possède tous les...

Éléphant, partie 2 : Le snack de Simba-Ella et la collation des crocodiles (Kenya 2025)

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Milieu d’avant-midi, on hèle un tuk tuk pour rejoindre Haller Park et le vrombissement de la boîte de tôle fait bien rire Zoélie. Une belle journée nous attend à ce site, où nous devrions observer plusieurs animaux. Haller Park est en fait une ancienne carrière de calcaire appartenant à une compagnie de ciment. En 1971, l’écologie en déclin pousse le Suisse Haller à planter des arbres à même le sol dévasté de l’endroit. La forêt se régénère, les arbres indigènes repoussent. Peu à peu, on introduit des poissons et des crocodiles dans le parc pour fournir le restaurant de la place (ça se mange, du crocodile?). Ensuite, l’endroit se transforme en sanctuaire. Maintenant, le restaurant n’existe plus et l’ancien sanctuaire a fait place aux sentiers boisés. L’un des attraits de Haller Park demeure ses tortues géantes d’Albadra, importées des Seychelles. Âgées d’en moyenne 150 ans et profitant d’une espérance de vie de 300 ans, ces reptiles seraient les animaux vivant le plus longtemps. Dur à...