Lion, partie 2 : Rencontre d’une Bourassa et d’un va-nu-pieds (Kenya 2025)
La plage nous attend, ce matin! Comme annoncé, le sable blanc de la côte s’étend à perte de vue. La mer est calme et peu profonde, parfaite pour la baignade avec Zoélie. Plusieurs amas de plantes brunâtres flottent un peu partout, cependant. On essaie tant bien que mal de trouver un petit coin dégagé dans le dédale d’algues (lisez-le à haute voix, ça sonne rigolo!). Sur le chemin du retour, on croise Rama, un maigrichon va-nu-pieds — au sens propre. Il nous suit tout le long du trajet de retour vers l’hôtel, nous parle de sa vie. Ses trois enfants aussi ont besoin de souliers, leurs orteils sont couverts de coupures à force de marcher sur les roches et les coraux. Je pense à la quantité innommable de souliers que je possède et j’en suis gênée. Rama et sa marmaille dorment tous ensemble dans leur petite maison, sans matelas. Il est très pauvre, son seul revenu provenant de la vente de noix de coco et de bracelets, son « talent spécial ». Il nous montre ce qu’il fabrique, des bijoux de perles évoquant des drapeaux de pays. Il veut nous en créer un à l’image de l’unifolié canadien, mais on refuse. J’achète tout de même une noix de coco, qu’il prépare à l’aide de sa grosse machette. C’est 500 shillings, soit environ cinq dollars canadiens, mais il en veut le double, prétendant que ça vaut plus que le prix annoncé. Voyons, c’est quoi encore, cette manie de marchander à la hausse? Pourquoi tu ne pars pas ton prix à 1000 shillings, d’abord? Quand je songe qu’on a payé 300 shillings pour le nettoyage complet de notre voiture par deux hommes et 5200 pour réparer les crevaisons, pneus compris, je me dis que même le premier prix annoncé reste très élevé par rapport au contexte financier d’ici. Mais bon, que représente cette somme pour moi et mes innombrables souliers, en comparaison de sa valeur pour l’homme sans sandales qui se tient devant moi?
Juste à côté de notre hôtel, on s’arrête à un étal pour acheter des fruits et des légumes. La vendeuse — une maman de jeunes enfants — nous explique comment apprêter le chou vert. Depuis qu’on a mangé ce légume grillé à Naivasha, je me dis que je dois repartir du Kenya en apprenant la recette. Il suffit de le faire sauter dans la poêle à feu moyen avec de l’oignon et de l’huile. Facile! Bon, notre cuisson n’est pas aussi réussie que celle qu’on a goûtée il y a une semaine, mais ça reste très bon. Surtout, ça fait changement du fade chou bouilli qu’on prépare normalement. On cherche toujours à diversifier nos légumes, à la maison, alors on pourra ajouter cette recette à la liste des possibles. Quoique les gars vont probablement la classer dans la même catégorie que la soupe de courge et les haricots sautés dans le beurre : celle des accompagnements qu’ils trouvent immangeables, mais que Vincent et moi on aime beaucoup. Le chou n’enchante pas Zoélie, non plus. J’imagine qu’on va continuer à servir du brocoli pis des carottes, alors. À la chambre, on prend une douche pour se rincer de la mer qui nous colle dessus. L’eau de la douche est salée!
Après la sieste, on retourne à la piscine, en essayant de devancer les escortes. On remarque un jeune homme au tatouage fleurdelisé, étendu sur un transat. Tiens, c’est curieux, ça! On s’approche et ça se confirme : un Québécois! Et sa copine aussi! Nos premiers compatriotes du voyage! On se met à échanger avec eux. Non seulement ils viennent du même coin que nous, mais… elle est aussi une Bourassa, au nom de famille composé! Quand même! C’est quoi les chances? Ariane et Marc-André se promènent d’un pays à l’autre depuis deux ans. Ils s’installent à un endroit, y séjournent quelques mois, travaillent à distance. Elle enseigne le français à de riches patrons d’entreprise, il travaille dans le milieu de la finance. Ils ont choisi le Kenya pour la compatibilité des fuseaux horaires : Ariane travaille de 16h à 1h du matin. L’avant-midi et les fins de semaine, ils peuvent visiter le pays. J’avoue que le scénario me fait rêver. Moi qui considère une réorientation de carrière partielle, il s’agit peut-être là d’une option à explorer?
Pour souper, on doit faire des courses. Le tuk tuk nous emmène au Carrefour, gigantesque supermarché ouvert 24h. Là, tu parles! Ça paraît que Diani se trouve en zone plus touristique : le magasin offre une grande sélection de produits typiques de nos grandes surfaces à l’occidentale… mais à quel prix! Petit ensemble de jouets de mauvaise qualité pour la plage? Près de 15 dollars canadiens! Une sauce à spaghetti en pot (on l’a tant cherchée!)? Même prix! Une pizza congelée? Environ 13 dollars canadiens! Quand je pense que celle vendue au resto de la plage, cuite au four à bois, coûtait la même chose! Finalement, on n’achète pratiquement rien et on soupe au Café Java juste à côté. Très bon! On couronne le tout avec une gargantuesque part de gâteau aux fruits de la passion et… une promo nous permet d’en emporter une deuxième avec nous. Régal à venir!
Et il était bon le gâteau? En tout cas, Zoélie a l’air d’avoir hâte d’y goûter!
RépondreSupprimerOui, les deux morceaux étaient très bons!
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