Méli-mélo de Macao (2026)

Après Hong Kong, au tour de Macao de se voir fragmentée en courtes anecdotes!

À Hong Kong, en achetant nos cartes de transport Octopus — comme notre Opus, mais huit fois mieux —, on avait pris soin de s’assurer que nos titres seraient également valides à Macao. En arrivant ici, tous les employés d’hôtels ou de commerce à qui nous parlons nous préviennent que nos pieuvres numériques ne fonctionneront pas dans le réseau local. Pourtant, nous payons nos passages d’autobus à plusieurs reprises sans aucun problème. Le réceptionniste du Grand Coloane Resort prétend aussi que l’accès aux sentiers de randonnée située au barrage de Hac Sa est « beaucoup trop loin pour s’y rendre à pied » … alors que je le rejoins en moins de dix minutes de marche. Il faut donc « Macaosplainer » la ville à ses propres habitants…

 

Au « Parc plus loin », on croise une famille de Français expatriés à Hong Kong. On leur mentionne que c’est la fête de Vincent. « Ah oui? C’est la Saint-Vincent, aujourd’hui? » Oups! On avait oublié que nos cousins d’outremer parlent plutôt d’anniversaire! Pour célébrer cette journée spéciale, mon homme se gâte au buffet du déjeuner : une gigantesque omelette couverte de guimauves et nappée d’une sauce à la mangue. Toujours gamin, malgré ses 36 ans!

 

À l’arrêt d’autobus, nous rencontrons Tsaï, jeune homme de la Chine continentale en visite à Macao. Enchantée de te connaître! Renshi ni hen gaoxing! Mon mandarin se limite à peu près à cette formule et l’anglais de Tsaï n’est pas excellent, la conversation ne se développe pas trop. J’apprends tout de même qu’il jeûne depuis quatre jours.

 

Dans un resto chinois pas trop cher au menu 100% sinogrammes, nous commandons de l’anguille, des dumplings et du choï sam, une sorte de chou cantonais assaisonné à l’ail. Zoélie adore! Chut! Il ne faut pas lui révéler qu’il s’agit d’un légume en feuilles comme elle les déteste tant!

 

Petit souper mal installé sur la placette du Vieux Taipa. Comme à Hong Kong avec notre repas de dim sum, on cochonne royalement l’espace (et nos vêtements, dans le cas de certains d’entre nous). Autour, plusieurs Chinois mangent avec des gants de plastique. On est jaloux.

 

Au zoo de Seac Pai Van, Zoélie s’amuse dans les modules de jeux. En courant, elle accroche un petit garçon qui descend de la glissade. Elle lui crie qu’il est dans le chemin, il lui répond du tac au tac en cantonais. Elle lui balance un « shiiiiiiire! » aux dents serrées, il vocifère à son tour un charabia incompréhensible. Elle enchaîne avec un « Coup B! », il riposte dans sa langue maternelle. Malgré la colère, la scène est trop mignonne. Ils ne comprennent pas qu’ils ne se comprennent pas. Parce qu’au fond, ils se comprennent. Les mots sont sans importance.

 

J’essaie de démêler le réseau de train léger — le LRT — pour me rendre sur la péninsule de Macao. Je ne comprends rien, Google Maps ne m’indique pas les mêmes stations que ce que je vois sur la carte macanaise. L’employé de l’hôtel m’explique qu’elle comprend indistinctement les lignes actuelles et celles pas encore construites. L’art de faire ça clair…

 

Dans le centre historique, on entre dans un dépanneur indien. De petites bouchées de pâte orange attirent notre attention. Indian snake! nous informe la vendeuse. Wow, du serpent! Et ça, à côté? Also Indian snake! Ah oui? Pourtant, ça n’a pas du tout la même allure! Finalement, tous les aliments qu’on pointe seraient des recettes de reptile indien. On achète un petit sac des bouchées orangées. Leur goût sucré et farineux nous surprend. On ne s’attendait pas à ça de la part d’un serpent. C’est là que je réalise qu’il s’agit probablement plutôt de collations indiennesIndian snacks. Vive les accents rebelles!

 

Le vent du large fait claquer la porte patio de notre chambre d’hôtel, au bord de la plage de Hac Sa. Au plafond, d’immenses carrés de bois posés de façon asymétrique laissent deviner les vestiges d’un gros dégât d’eau. Sous les fenêtres, le cerne encore visible trahit l’infiltration d’une averse. Tout ça me rappelle la puissance des typhons vécus lors de mon séjour ici : les vitres qui se gonflaient comme une voile de bateau et menaçaient d’exploser à tout moment, la coulée d’eau qui avançait dangereusement dans notre salon, le bruit sourd qui enveloppait notre appartement, la grue de construction qui tournait à 360 degrés comme une girouette en panique… Brrrr! Mauvais souvenir!

 

Du temps où on vivait à Macao, les nounous des Philippines nous mettaient souvent en garde contre les serpents sur la montagne — on avait effectivement failli marcher sur un persiffleur d’un mètre de long lors d’une randonnée. Maintenant, à l’entrée de chaque sentier, un panneau nous prévient de prendre garde à ces reptiles. Une vadrouille jouxte aussi la pancarte, pour éteindre les débuts de feux de forêt. L’histoire ne précise pas si on peut également s’en servir pour faire fuir les serpents.

 

Au sommet de la montagne, on s’arrête pour une collation à la statue d’A-Ma, visible depuis notre chambre d’hôtel. On continue notre visite à côté, au complexe religieux dédié à cette déesse protectrice des pêcheurs et des marins, qui a donné son nom à la ville. À l’entrée, une réplique en carton de la statue nous accueille. Zoélie la reconnaît tout de suite : « Regarde, Maman, c’est A-Ma! Mais elle est tout écrasée! » Misère d’une vie de papier!

 


Au milieu de l’énorme bassin-fontaine dans la cour intérieure du Village culturel d’A-Ma trône une statue de tortue. Sur sa carapace repose un bol de marbre, cible de tous les passants qui tentent d’y lancer un sou, pour la chance. Vincent, Camil, Ariel, Zoélie s’essaient… Aucune pièce n’atteint le bol. Il n’y a que moi, avec mon pas-de-visou, qui parvient à lancer mon petit change à l’endroit voulu. Évidemment, personne ne m’a filmée… Pendant ce temps, les gars s’amusent à dresser le top 5 des meilleurs films de La guerre des étoiles.

 

Au Grand Coloane Resort, l’employé qui s’occupe de l’espace récréatif me parle de sa ville natale, Jakarta. Apparemment, la capitale indonésienne s’enfonce constamment, alourdie par le poids des nombreux gratte-ciels qui y ont poussé. La petite superficie de Java, l’île qui la soutient, ne tient pas le coup sous ce développement urbain massif. Remblais et barrages de protection ont été installés, mais la solution ne fonctionnera que temporairement. C’est pourquoi le président a décidé qu’éventuellement, la capitale sera déplacée sur Bornéo, une île plus grande partagée entre l’Indonésie, la Malaisie et Brunéi. Tout un déménagement en perspective!

 

Au restaurant, Zoélie se laisse charmer par les affiches de popsicle au durian. Bon, allez, je vais goûter encore… Mais la saveur d’oignon me lève toujours autant le cœur, surtout pour un dessert glacé! Finalement, Zoélie déclare forfait, personne n’arrive à terminer la gâterie insolite.

 

J’avais souvenir que les décorations de Noël de Macao étaient d’un quétaine innommable. Sur ce point, la ville n’a pas changé d’une miette. Du gros Père Noël à chapeau de paille qui joue au golf au gigantesque poulet gonflable vêtu d’un manteau rouge et coiffé d’un bandeau à panache, en passant par le Père Noël qui joue du tambour entouré de gros suçons, ça ne me met pas du tout dans l’esprit des fêtes.


Au restaurant thaïlandais Chiang Rai (le même que j'aimais tant, il y a quinze ans), un pictogramme sur la porte de la salle de bain indique qu'il s'agit d'une toilette turque. « Ça a l'air d'une chaussure! » s'exclame Zoélie.

 

Le Grand Coloane Resort a tout compris de l’appétit des enfants. Sur leur menu, on retrouve du « je sais pas », du « je suis fatigué », du « j’ai pas faim », du « NOOOOOON! », du « jamais jamais », du « n’importe quoi », du « ok d’abord » et du « je m’en fiche ». Le rêve de ma mère, qui a longtemps souhaité élaborer les menus de la semaine en fonction de nos suggestions, toujours inexistantes.

 

Tu sais que tu es en Asie quand la nourriture en plastique de la cuisinière pour enfants comprend des pattes de poulet et des sashimis!

Commentaires

  1. Ça donne presque le goût de retourner visiter Macao! Mais il y a tellement d’endroits à visiter en ce bas monde et si peu de temps restant…

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