Lapin, partie 1 : Le prix des pneus, le poids des hippopotames (Kenya 2025)

La priorité du matin : réparer la voiture! Nous sommes situés dans un petit complexe comprenant notre logement et celui des proprios, juste à côté. Une petite équipe s’occupe de la place, un gardien veillant toujours à la sécurité des lieux. On descend donc le voir, il appelle deux mécaniciens. Les mecs arrivent, démontent les roues et repartent avec nos deux gros pneus de VUS, à moto. Souvenirs de l’Asie et de ses patentages impensables transportés à mobylette…

Bon, maintenant que la mission pneus est lancée, on se rend au lac Naivasha, une étendue d’eau de 139 km2, l’attrait principal de la ville. Dix minutes de marche nous suffisent pour atteindre le sentier d’entrée vers le lac. Décidément, nous avons choisi le logement parfait : facile à trouver, bien équipé, coquet, baigné d’une douce odeur de bois à cause des moulures et à distance de marche de notre site de visite! Lors de la préparation du voyage, le lac Naivasha m’a été recommandé par la Québécoise ayant habité au Kenya rencontrée sur le groupe Facebook Communauté BB Jetlag. Elle me racontait comment ce site représentait une sortie de fin de semaine très populaire auprès des Nairobiens (la capitale se situe à trois heures de route environ). En effet, aux abords du lac, une ambiance décontractée flotte dans l’air. D’élégants marabouts déambulent tranquillement. Le long du chemin, on se rue pour nous proposer un tour de bateau. À côté d’eux, des dizaines de vélos attendent qu’on les enfourche. Aux étals de tôle, on vend de la bière et des souvenirs. Attablé au bar, on relaxe devant le match de sport qui joue à la télé. Sous les arbres, de vieilles dames essaient de pousser leurs poissons non réfrigérés, simplement étendus sur une couverture à même le sol. La forte odeur marine qui s’en dégage ne m’inspire pas confiance pour un repas, disons.


 

On s’entend sur un prix avec l’un des jeunes hommes qui vend des excursions en bateau (c’est cher, même après marchandage… ils nous attendent dans le détour…) et on embarque. Sous le soleil à son zénith, on rejoint l’île Crescent, où l’on observe pélicans, gnous, zèbres, gazelles, cerfs, martins-pêcheurs et un hippopotame qui rôde dans l’eau. Aux abords du lac, réputé pour ces pachydermes, la cohabitation hommes-animaux reste difficile : les hippopotames sortent la nuit pour brouter et peuvent devenir très dangereux s’ils traversent directement les terrains des hôtels. Les mâles pèsent entre 1600 et 4500 kilos… Pas le genre de voisin qu’on veut surprendre sur son terrain! Plus loin sur la rive, notre pilote nous emmène près d’un établissement qui a choisi de clôturer l’accès à l’eau et d’empiler des pneus comme protection supplémentaire (avoir su, on aurait pu contribuer en apportant les nôtres!). La méthode permet de contrôler un peu les déplacements animaliers et de réduire les rencontres accidentelles avec les visiteurs. Tous les jours, le personnel de l’hôtel vient nourrir les hippopotames, petit manège auquel les clients sont conviés, bien entendu. Apparemment, l’horticulture intensive pratiquée autour du lac (surtout pour la culture des roses) a grandement réduit l’accès des bêtes aux zones de pâturage. Tout de même, j’ai de la difficulté à croire que les proprios de la place sont animés par de réelles intentions de conservation. Probablement une astuce pour s’enrichir en proposant le repas des bêtes comme attraction touristique, plutôt... Enfin, on achète des petits poissons à un pêcheur installé près de là (50 cents le sac). Pour le dîner? Ben non! Notre pilote siffle, lance l’un d’eux très loin dans l’eau, puis un aigle s’élance de la cime d’un arbre pour saisir la proie (déjà morte) entre ses serres. Quelle efficacité! On offre ainsi notre maigre butin aux rapaces, chaque fois fascinés par la vitesse de leur descente en piqué et la précision de leur prise. Ffffssssssss, tac! Flop, flop, flop, flop!


De retour au logement, on règle la note auprès des mécaniciens. Total de la facture : environ 55 dollars canadiens… Même notre tour de bateau a coûté plus cher que ça! Et encore, on nous a probablement chargé le forfait touriste pour réparer la voiture! Les différences de prix restent déconcertantes, ici. Mais c’est sûr que des pneus, ça ne fait pas le poids à côté des hippopotames!

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